الحمد
لله رب
العالمين,
والصلاة
والسلام على
سيدنا محمد
وسائر النبيئين
والمرسلين،وعلى
آله وصحبه
أجمعين.
Excellence et éminences,
Mesdames, mesdemoiselles et messieurs,
Permettez-moi tout d’abord
d’exprimer mon bonheur d’assister au Colloque ‘Terre de vie’, et ma fierté de
participer aux côtés d’éminentes personnalités, à l’échange d’idées sur le
sujet de débat de cette rencontre : ‘Quelle réponse peut donner la culture
dans la recherche du sens de l’homme aujourd’hui ?’
Je voudrais aussi présenter mes remerciements et ma haute
considération à Monsieur Vianney Mallein qui m’a proposé de soulever lors de
cette inauguration la question de « la place du sacré dans la culture
contemporaine ».
Excellence et éminences,
Mesdames, mesdemoiselles et messieurs,
Pour donner, dans une brève introduction, une définition de
la culture, je dirai qu’elle est l’ensemble des sentiments, des idées et des
croyances que l’individu se procure par l’héritage, la pratique, l’éducation, et l’instruction.
La culture se définit également par les
connaissances, les expertises et les capacités
que la personne acquiert, consciemment ou inconsciemment. Ce savoir
éduque sa nature, raffine son esprit, sensibilise sa conscience et définit les
traits de sa personnalité. De ce fait, la culture est une manière de vivre qui
ressort de l’homme selon l’environnement où
il évolue, et qui s’adapte avec les différentes composantes qui la définissent,
y créant des modes de comportement qui ne tardent pas à devenir des habitudes
et des traditions.
Aussi, la culture, comme nul ne l’ignore, est une
composante essentielle de la personne et de la société, de même que d’autres éléments avec lesquelles
elle agit réciproquement et s’accorde harmonieusement. Ces éléments sont :
la nation, la langue et la religion ou le sacré
qui les synthétise. Ceci rend la culture et le sacré deux piliers
importants dans la constitution de cette identité, à tel point que je dirais
que si la culture est le cœur de l’être humain, le sacré en est le battement,
ou le sang qui coule dans les veines de son corps.
C’est ainsi que le sacré, dans ses différentes
manifestations, étant une croyance de
foi que les pratiques culturelles éclaircissent, devient le centre de la
sécurité et le noyau de la stabilité. Il constitue le fond de la personne, lui inspirant quiétude et sérénité alors
qu’elle affronte les tensions et les cruautés de la vie. Il protège sa santé
psychologique face aux influences des éléments matériels, avec leurs risques et
leurs conséquences sociales néfastes. Ces problèmes risquent de se propager en
s’alimentant d’autres conditions de souffrances, pour créer l’intégrisme et la
violence, et pour propager l’horreur et le terrorisme, comme c’est le cas dans
différentes régions de notre monde contemporain.
De ce fait, le sacré forme l’esprit de la personne et concrétiser son tempérament, ses émotions
et son esprit. Il lui réalise son état humain et son équilibre avec son
entourage et avec l’univers. Il lui permet de mener à bien son rôle culturel et
civilisateur. Le sacré lui ouvre aussi de nouveaux horizons qui le rapprochent
de la vérité, du bien, du bonheur et de la certitude.
Quand cet équilibre se réalise, dans l’harmonie du sacré avec la culture, les différences entre la raison et le cœur, entre la science et la foi, et entre la vie et la religion disparaissent. Avec cet équilibre, s’efface également l’hésitation de l’être humain devant les grandes questions et les problématiques obscures. Il devient alors possible d’approcher les réponses aux questions occultes de l’au-delà, et de comprendre leurs complexités ; ce que la raison n’a jamais pu faire, quels que soient ses degrés de maturité et de savoir.
De là, le penchant vers le sacré est un point commun de
tous les êtres humains depuis que Dieu a crée l’univers. Ceci explique son
existence même dans leurs croyances primitives, bien avant l’apparition des
religions divines pour lesquels Dieu a envoyé ses messagers, dans le but de
montrer à l’humanité le chemin du Salut. L’importance de cette aptitude
provient de l’attachement à la divinité,
à sa connaissance, et à la foi en elle
et en tous les problèmes épineux qui s’y lient, cachant l’absolu. En effet, la
croyance en la divinité est presque une disposition naturelle et instinctive pour
ces êtres qui se sentent incertains, voire incapables de résoudre ces problèmes
et de surmonter leurs grandes difficultés.
Dans cette optique, le sacré est le lien de la personne
avec le monde, visible où invisible soit-il. Il lui fait
sentir sa vérité, et le rôle qu’elle doit accomplir dans l’existence. Il lui
fait sentir aussi ce qui l’attire vers
l’autre, même celui qui ne partage pas ses croyances. En conséquence, le sacré
allége le lourd fardeau de l’énorme responsabilité dont Dieu a chargée l’être
humain, après qu’Il l’ait honoré et préféré à d’autres créatures. Sans le
sacré, ce fardeau aurait été trop pesant et insupportable.
Enfin, le sacré est un système complet et homogène où s’unissent la foi et la loi divine avec la raison, le
sentiment et le comportement. Ce qui donne goût à la vie, en général, et lui
procure un style de conduite envers soi-même et envers les autres, lui offrant
ainsi un rayon d’espoir dans l’avenir et dans les générations futures.
L’histoire, ancienne et moderne, dévoile que la présence du
sacré a toujours été très forte. Ceci était le cas quand il était maître et
qu’il contrôlait tous les domaines. La situation était de même quand il était
asservi à une autre force soucieuse de le maîtriser et d’imposer son hégémonie,
ou plus précisément, quand le sacré était pris comme prétexte pour réaliser les
intérêts et les convoitises d’une force parfaitement consciente de son
importance et de sa forte influence. Ce qui provoquait au sacré une crise,
s’ajoutant à celle qui aurait touché la foi même.
En général, une crise de foi n’est pas dû, comme il est cru, à une négation totale ou à un manque de
croyance en ce sacré, parce que si c’était le cas cela n’aurait pas été un
problème pour les hésitants. Elle résulte plutôt d’un trouble qui vient
déstabiliser leur croyance et qui ne tarde pas, dans la majorité des cas, à se
calmer quelle que soit la durée de ce désarroi. Ce qui prouve que la graine de
la foi existe chez eux, ou chez la plupart d’entre eux, à un certain degré de
fixité et de solidité même s’il est faible ou caché. En ce qui concerne les
croyants, qui ne souffrent pas de tensions émotionnelles internes, ce problème
ne se pose pas.
Le chercheur dans
l’histoire des religions et des cultures, ne tarde pas à remarquer que cet
élément est applicable à elles toutes. Ceci est le cas malgré le manque de
concordance culturelle et civilisatrice
et la différence qui en résulte dans les visions et les sentiments, en
commençant par la perception que chaque société a d’elle-même. Ceci est aussi
le cas de la culture arabe que l’islam a clairement et fortement marquée. La
situation est de même pour la culture occidentale ayant connu des
développements qui ont touché les modes européens de pensée et de recherche
sous l’influence du christianisme et du patrimoine hellénique. Ces évolutions
ont fractionné ou ont failli diviser la science et la foi, comme le démontre le
conflit entre les philosophes et les hommes de l’église après la Renaissance,
en particulier au dix-huitième siècle. Un conflit similaire- ou proche de celui
ci- a marqué la culture islamique après son apogée. En effet, la problématique
de la raison et de la foi y était parfaitement claire dans les discussions des
philosophes, des théologiens et des mystiques.
L’observateur de ce conflit qu’ont vécu les cultures
occidentale et arabo-musulmane, conclut qu’à part ceux qui annonçaient leur
athéisme et qui combattaient la religion en tant que telle, la majorité de ses
initiateurs et des participants dans ce débat
se basaient sur l’élément de la foi, ou le prenait au moins en
considération, étant parfaitement conscients
non seulement de son lien très solide avec l’être humain et la vie, mais
aussi du besoin pressant qu’il ressent. Toutefois, les deux partis le voyaient
et l’utilisaient d’angles différents.
De là, je vois la nécessité de différencier entre le sacré
– dans son sens large - et la religion en premier lieu- et entre
l’interprétation de ceux qui jugent ce sacré d’après leur compréhension. Ainsi,
c’est la religion qui est sacrée et non leur interprétation, parce que la
religion est divine et céleste, alors que la compréhension est humaine et
influencée par la mentalité de ceux qui la pratiquent, par leurs degrés de
maturité et de savoir, et par la nature de leur environnement culturel.
Aussi, le sacré, qui est inconditionnellement valorisé dans
la culture, se conçoit avec tolérance et flexibilité à l'égard d’un autre
sacré, le poussant ainsi à l’accepter. Ce qui le mène à le respecter et à le
valoriser comme il le prépare au
dialogue, à la coexistence et à l’interaction. De là apparaît combien
l’humanité a grand besoin d’un sacré de ce genre, en toute circonstance,
surtout lorsque la culture se développe dans le cadre d’un matérialisme féroce.
Le développement civilisateur matériel, et l’avancement des
sciences et du savoir qui en suivent, particulièrement dans le secteur
industriel et informatique, suggère une perte de l’importance qui est et qui se
doit à la culture et au sacré. Cette situation se consolide d’autant plus avec
la fixation dans les mentalités et les comportements liant la vie et son
bonheur à l’assouvissement des convoitises matérielles, et à l’incitation des
motivations sensuelles, pour ne pas dire les stimulations instinctives animales
de l’être humain. Cette situation se détériore d’autant plus avec les hérésies
qui se sont répandues et qui sortent de la nature humaine saine, surtout au
niveau social, comme la détérioration des liens familiaux, la liberté illimitée
des relations sexuelles, et le mariage entre deux personnes du même sexe.
La situation est d’autant plus alarmante dans le domaine
scientifique, biologique et génétique
puisqu’il est devenu possible aujourd’hui de cloner des êtres humains. Ce qui porte atteinte à la nature
humaine, à sa dignité, et à l’état vrai de son existence.
Toutes ses nouveautés mèneront l’individu à perdre son état
humain et à se transformer en une simple chose ou numéro qui pourrait se
réduire au néant. Le maniement de ses nouveautés exige une compréhension
consciente du concept du sacré, de ses conséquences, et de la manière de
l’adopter. Avant tout cela, il nécessite la possibilité de l’allier avec la
modernité pour pouvoir lui trouver une position au sein de la mondialisation.
En effet, il y a le côté illuminateur et créateur de la modernité, dont les sociétés
en développement ont déjà assez tardé à profiter, malgré leur nécessité
impérieuse pour cet aspect qui éclairera
leur pensée et leur culture. Mais il y a aussi d’autres côtés de la modernité
et ses aboutissements qui ne seront qu’un domaine de déracinement pour ces
sociétés, si ce n’est de badinage de l’esprit et de la liberté de pensée. Ce
délassement risque de mener à la tyrannie. Et quelle absurdité plus violente
que les conflits, les crises, et les défis que subit l’humanité
aujourd’hui ! Cette situation, menaçante et inquiétante par sa nature,
mènera à l’absolutisme, au despotisme et à la destruction, tant qu’elle se
référera à un unilatéralisme arrogant, prétentieux et dominateur refusant
d’accepter l’autre et ce qui le diffère.
Dans le cadre de ce mouvement, l’individu est poussé à se
révolter contre le sacré en général et la religion en particulier. Il subit
simultanément un effroyable cauchemar qui le rend victime d’un stress
permanent, et d’une anxiété continue. Il
souffre aussi de soupçons qui lui font perdre la vigilance de l’affection, la
conscience de l’esprit, et la capacité de comprendre l’authenticité de
soi-même, de son existence, et de sa position dans l’univers. Cette situation
est un obstacle à la vie saine puisqu’elle en écarte son équilibre et son
homogénéité. C’est ainsi qu’elle étouffe la personne, limite l’esprit, et
dissimule la vision, comme elle écarte l’optimisme et l’espoir d’un futur
meilleur.
Il est clair que construire son avenir n’est plus lié à
soi-même et à la capacité de l’orienter et de l’épanouir, selon une optique
particulière pour réaliser les buts précis dans cet avenir. L’édification de ce
dernier est devenue soumise à d’autres éléments externes à la personne, qui se dégagent
du développement scientifique et technologique de l’occident au sein de la
mondialisation.
Nul ne discute les avantages de ce développement auquel est parvenu l’occident, et ce qu’il en suit, à savoir la liberté d’expression et le respect des droits de l’homme. Comme personne ne nie ce à quoi appelle la mondialisation dans les domaines de l’économie, du commerce, du libre échange, du rapprochement des distances, de la diffusion des profits et de la vulgarisation des technologies, malgré ce que cela présente comme risque pour les entités. Cependant, le fond du conflit réside dans le fait que la mondialisation se base sur des fondements et des critères différents ou contraires à ceux qui conditionnent les autres. Elle est vouée à des objectifs et à des fins qui risquent de représenter des défis difficiles à soulever ou à affronter. Avec cette détermination et cet appui, le but de la mondialisation serait d’éliminer les caractéristiques et les spécificités des différentes cultures, pour qu’elles soient remplacées par un modèle culturel particulier qui vise à se faire accepter avec force et par contrainte, comme elle impose sa force militaire, son hégémonie économique et son développement scientifique et technologique, avec tous ses avantages et ses inconvénients.
Dans le cadre de ses tentatives d’élimination des
différentes identités culturelles, sont touchés le sacré, ainsi que tous ses
composants, à savoir les croyances religieuses, leurs valeurs spirituelles et
leurs substances éthiques. Ces derniers cèdent la place à d’autres valeurs et
constituantes marquées par le matérialisme et les intérêts que la
mondialisation cible, même si c’est au détriment du cœur et de la conscience,
c’est à dire de la réalité humaine; et aussi sans prendre en considération le
déracinement qui en résulte.
Cet arrachement culturel mènerait les peuples démunis
visant le développement et la modernité, soit à perdre leur appartenance dans
le cas de la résignation et de l’abandon, soit à plus d’attachement et d’ardeur
en la défendant, même si c’est par la violence et le terrorisme. Dans les deux
cas, il reste difficile pour ces peuples de se développer et de se moderniser
afin de sortir du sous-développement dont elles souffrent. Même les sociétés
développées, qui ont déjà franchi plusieurs étapes dans la modernité et qui
aspirent à ce qu’il en suit, ne manqueraient pas de se sentir déracinées au cas
où elles seraient entraînées par le courant de la mondialisation dans ses aspects intellectuels
et culturels. Ceci est une conséquence du conflit des valeurs et de l’absence
d’un mode de comportement, se basant sur des aspects humains sans lesquels la
vie n’aurait plus de sens.
Néanmoins, et malgré le façonnement qui est voulu à la
culture, j’estime que la position qu’a le sacré dans la culture de toute
société et dans son identité en général, prendra plus d’ampleur avec la
mondialisation. La raison de cette grande étendue est que le sacré, ainsi que
la culture qu’il symbolise au sein des composantes de l’identité, sont pour les
peuples, qui en sont fiers et qui y tiennent, la seule possibilité et l’unique
moyen qui leur restent pour s’exprimer et concrétiser leur originalité. Ceci
est particulièrement le cas dans le domaine des croyances et des valeurs qui
sont spécifiques au sacré, sans oublier les valeurs humaines universelles à
caractère global, à savoir la liberté et les droits de l’homme, même si la
perception de ces derniers peut différer d’une société à l’autre.
Quels que soient les gains de ce mouvement violent ou les
espaces qu’il dévaste, il ne possède pas, en réalité, le pouvoir d’effacer ce
qui appartient aux peuples- forts ou faibles soient-ils- quant à leur héritage
civilisateur et culturel, leurs repères solides et les effets persistants et inébranlables de leur mémoire collective. En
effet, il n’est pas facile de déraciner ces effets ou d’éradiquer leur impact
profondément ancré grâce à leur affinité avec le sacré. Ce phénomène paraît
encore plus clair quand il s’agit de sociétés arabes et islamiques jouissant
d’une place particulière dans l’histoire et d’une position remarquable dans la
culture et la civilisation, non seulement au niveau local et régional, mais à
l’échelon mondial.
Je n’ai aucun besoin de prouver que n’importe quel
comportement dominateur ou narcissique ne crée autre que le mal entendu menant
au conflit qui est un résultat inévitable du sentiment de menace à l’être et à
ses parties constituantes. Ce qui n’est bénéfique pour personne, quel que soit
le degré de prédominance et de l’illusion de supériorité. Si la disparité entre
les peuples dans le développement ne permet ni l’écoute ni la réciprocité dans
les échanges, elle peut néanmoins
permettre l’opportunité d’une complémentarité dont l’humanité a tant
besoin. Cette complémentarité entre les différentes couleurs civilisatrices et
culturelles soutiendra et enrichira
l’héritage humain. Elle permettra aussi de trouver un équilibre, et de
concrétiser une coexistence entre la nature matérialiste de la mondialisation,
avec son mode culturel imposé, et entre
le trait spirituel qu’elle a perdu et qui ne peut être récupéré que par le
retour à ce que les sociétés ont amassé dans leur sens intérieur, et les valeurs religieuses qui le
conditionne.
Il n’y a pas de doute que ce trésor vivant et
continuellement prospère a permis à ces sociétés d’affronter plusieurs autres
défis, dont le plus important était celui de la colonisation. Elles sont aussi
capables aujourd’hui de surmonter le sous-développement dont elles souffrent.
La condition pour qu’elles accèdent au développement est de savoir comment
marier les composantes de soi-même avec ce qui lui convient des données
modernes appartenant à l’autre, sans que leur identité s’efface ou qu’elle
perde ses caractéristiques personnelles, et ceci avec conscience et maturité.
Je veux dire par ‘conscience’ un réel sentiment de soi-même
et de la réalité interne et externe que lui impose ses influences. J’entends
par ‘maturité’ le fait que nous soyons convaincus de la nécessité du
développement de notre monde, de toutes les règles qui le contrôlent, et des
changements qui en résultent et qui ont centralisé le pouvoir- ou ont failli le
centraliser- dans un pôle unique. Ce dernier essaye d’éliminer l’autre et tout
ce qui lui est différent, non seulement au niveau de la politique, du militaire
et de l’économique, mais aussi au niveau de la culture, du goût et du
comportement. Pour la formulation de sa pensée, ce pôle unique utilise les
technologies de l’information très sophistiquées qui lui permettent de
l’imposer et de la diffuser par le moyen de ses chaînes de communication
développées. A travers cette pensée, il
transmet des valeurs qui, dans leur ensemble, contredisent celles des sociétés qui se retrouvent obligées de
les consommer et de se laisser influencer, sans prendre en compte la nécessité
de trouver un équilibre permettant une coexistence et une interaction, comme
mentionné auparavant.
Cependant, cet équilibre ne peut pas devenir réalité en
responsabilisant uniquement les sociétés affaiblies dans l’effort qu’elles
fournissent, afin de trouver la meilleure formule pour cette intégration. Au
contraire, il est nécessaire que le parti fort se montre d’accord, qu’il s’apprête à accepter l’autre et à lui
donner l’occasion de se réaliser. Ce qui nécessite l’établissement d’un
dialogue positif et constructif entre les différents partis; surtout entre les
pays méditerranéens qui ont vu naître le long des rives de leur bassin, pendant
des siècles, deux grandes civilisations ; pour la conservation, le
développement et l’épanouissement desquelles, ils sont aujourd’hui
responsables: La civilisation arabo-musulmane et la civilisation européenne. Et
ce pour leur bien et celui de tous les peuples qui tiennent à leurs identités
respectives, et qui se trouvent aujourd’hui obligés d’affronter les inconvénients de la mondialisation.
Le but de ce dialogue ne devrait pas être l’élimination des
différences dans les croyances, car ceci est impossible et inconcevable. Son
objectif serait plutôt de trouver un domaine de rapprochement culturel au
niveau des valeurs communes auxquelles toutes les religions et les croyances
ont appelées. Ses valeurs communes permettront de rendre à l’homme son état
humain pour qu’il puisse jouir du respect que Dieu lui a particulièrement
attribué et pour accomplir la mission
qu’Il lui a confiée, et vivre dans un monde de paix et de sérénité.
C’est ainsi, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, que le sacré, dans ses différences versions et
ses nombreuses manifestations, prendra une place proéminente et remarquable
dans la culture contemporaine.
Je vous remercie pour votre attention.
و
السلام عليكم
و رحمة الله
تعالى و
بركاته.
Abbés Jirari.